• Darius

Ancien Monde et Nouveau Monde

Vous avez certainement déjà entendu parler des vins du nouveau et de l’ancien monde. Quels sont ces deux mondes, que tout semble opposer ? Quelles différences les séparent ?

L’ancien monde s’étend de l’Europe de l’Ouest et ses 2000 ans de viticulture, au berceau de cette dernière, en Géorgie, et ses 6000 ans d’histoire.


Le nouveau monde quant à lui, comporte les territoires découverts à partir du XVème siècle : Amériques, Afrique du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande etc.


Maintenant que ces deux notions sont claires, penchons-nous sur deux aspects qui différencient ces régions de production :


A.O.P. VS cépage


En France et en Europe, le système de classement des vins suit un schéma pyramidal, avec en son sommet l’Appellation d’Origine Protégée, suivie de l’Indication Géographique Protégée, puis du Vin de France. Plus on escalade cette pyramide, plus la zone de production est réduite, et les exigences de production hautes. L’idée est de présenter un vin de terroir, c’est-à-dire un vin reflétant la typicité du lieu de production (géologie, climat, pratiques culturales, cépages etc.). Ainsi, sur l’étiquette, vous ne trouverez que rarement les cépages utilisés mais verrez systématiquement l’AOC, l’IGP, ou la mention Vin de France (ex : AOP Saint-Emilion, IGP Côte-de-Gascogne). Ce système a l’avantage d’être le garant d’un savoir-faire et d’une histoire. Cependant il est compliqué à comprendre pour un néophyte.


Le Nouveau Monde a une approche du vin par cépage. C’est-à-dire que ce dernier se trouve systématiquement sur l’étiquette. Un système d’Appellation se met progressivement en place, mais les exigences sont moindres comparées à ce qui se trouve par chez nous. Ceci s’explique en partie par une histoire viticole courte, la notion d’appellation étant liée à celle de terroir et donc à des pratiques historiques liées au lieu. Ce système « allégé » a des avantages. Il permet notamment au consommateur une meilleure lecture de l’étiquette (ex : Chardonnay, Cabernet Sauvignon) et au producteur plus de flexibilité de production.


Bouchon VS capsule à vis


La seconde différence notable entre les deux régions est la façon dont sont fermées les bouteilles.


En Europe, cela ne vous aura pas échappé, les bouteilles sont dans leur quasi-totalité, scellées avec un bouchon, qu’il soit en liège, en plastique, ou issu de la canne à sucre. Encore une fois, ce mode de fermeture est historique, bien que parfois injustifié. Pour en comprendre la raison, intéressons-nous à l’utilité du bouchon. Un bouchon de liège n’est pas totalement hermétique. Il laisse passer une infime quantité d’air qui, sur le long terme, permet à certains vins de se bonifier en vieillissant (c.f. notre article sur la conservation du vin).


Cependant, certains vins ne gagnent pas à être gardés sur de longues périodes. Pour ces derniers, les vignerons ont plusieurs solutions : les bouchons en plastique ou en canne à sucre, les bouchons en verre (souvent sur des rosés), et… les capsules à vis ! Beaucoup de vins du nouveau monde sont scellés avec ce type de fermeture, qui dispose d’avantages certains : rapidité d’ouverture, praticité à la fermeture, coût réduit. Ces capsules ne permettent cependant pas au vin de vieillir, puisqu’elles sont totalement hermétiques, et seront donc privilégiées pour les vins destinés à être bus dans leur jeunesse. Malgré ces avantages, producteurs et consommateurs de l’ancien monde rechignent à remplacer le « pop » traditionnel et convivial du bouchon au « crrr », osons le dire insipide, de la capsule à vis, davantage associé aux sodas qu’au vin.


Et vous, plutôt bouchon ou capsule ?

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